La francophonie et la francopholie, moteur de croissance durable (assistance auprès de Jacques ATTALI, Président de PlaNet Finance)

Rapports de missions | Culture, médias, communication | Publiée le 14 août 2014 | Mise à jour le 12 juin 2026


Le français est un formidable atout pour la France, trop souvent politiquement, culturellement, économiquement négligé.

Le monde d’aujourd’hui est en crise de sens et ne prend pas en compte l’intérêt des générations suivantes. Cette myopie généralisée explique largement la crise économique actuelle. On ne réussira à en sortir qu’en redonnant du sens à l’économie, au service des générations suivantes. Les langues en sont une dimension essentielle. Elles deviennent précaires, et disparaissent même en nombre à grande vitesse. L’uniformisation linguistique accélère la perte de sens du monde par effondrement de sa diversité.

L’effacement progressif des frontières nationales impose d’autres critères d’appartenance identitaire : la langue est la nouvelle géographie. Défendre le patrimoine linguistique et culturel, et l’enrichir, pour le transmettre aux générations suivantes, est un enjeu essentiel.

La francophonie peut être le porte-voix de la diversité du monde. Elle repose sur un sentiment identitaire puissant. Elle constitue une aire linguistique suffisamment diverse pour éviter la sclérose, et suffisamment cohérente pour prévenir la dispersion.

Le français exprime aussi un système de pensée original et spécifique, doté d’une forte capacité d’abstraction et de conceptualisation.

Le français a déjà une place de choix dans l’environnement linguistique mondial : il est présent sur les cinq continents ; il est l’une des rares langues enseignées dans les systèmes scolaires et universitaires de tous les pays du monde. L’Inde compte aujourd’hui un million d’apprenants du français. La Chine compte 100 000 apprenants, l’Indonésie 60 000 et ce nombre est croissant partout. Le nombre d’élèves dans les alliances françaises de Bogota a été multiplié par dix en cinq ans.

Avoir une politique francophone n’est nullement le retour de la colonisation sous une autre forme. Ce n’est pas non plus un enfermement sur un ancien pré carré. Pour mémoire, la francophonie n’a d’ailleurs pas été créée par la France, mais par Senghor, Bourguiba, Sihanouk et Diori à Niamey en 1970. C’est donc l’occasion d’un développement équilibré, qui profitera aussi aux d’autres cultures, tout en affirmant sans complexes ce que la France apporte dans ce dialogue.