La situation de la presse quotidienne dans quatre pays européens : Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Suède
Rapports de missions | Culture, médias, communication | Publiée le 21 novembre 2008 | Mise à jour le 10 juin 2026
Malgré des caractéristiques différentes, la presse quotidienne fait partout face à une crise structurelle.
Des caractéristiques différentes en termes d’offre, de lectorat et de structure des revenus :
- Le poids des différents types de presse varie selon les pays
- L’audience et la diffusion de la presse par habitant sont supérieures en Allemagne, en Suède et au Royaume Uni à ce qu’elles sont en France et en Espagne
- Les recettes publicitaires représentent plus de la moitié des revenus des quotidiens, sauf en France et pour les journaux populaires en Suède
- Le prix de la presse quotidienne paraît comparable en France et dans les autres pays
La presse quotidienne est confrontée à des difficultés dans tous les pays analysés :
- Entre 2004 et 2007, les revenus publicitaires de la presse ont baissé en Allemagne, au Royaume Uni et en France mais ont légèrement augmenté en Espagne et en Suède
- La diffusion en volume des quotidiens payants a baissé partout. Dans le même temps, la diffusion des quotidiens gratuits a augmenté partout sauf en Allemagne où les journaux gratuits n’ont pas réussi à s’implanter
- La diffusion en valeur est en revanche assez stable, sauf en France où les prix ont baissé en euros constants entre 2002 et 2007. Elle augmente même au Royaume Uni où le prix des quotidiens a augmenté
- L’analyse des coûts se heurte à des difficultés méthodologiques majeure
Les modes et les coûts de distribution :
- La vente au numéro et le portage ont une importance très inégale selon les pays et les types de quotidiens
- La distribution des quotidiens par courrier est partout marginale
- La vente au numéro est le mode de distribution privilégié en Espagne et au Royaume Uni, ainsi que pour les journaux populaires suédois et allemands :
- La chaîne de distribution de la vente au numéro des quotidiens comporte deux niveaux et organise une mutualisation des coûts
- Le débat ne porte pas tant sur le nombre de points de vente, pourtant très différent selon les pays, que sur l’évolution de leur nature
- La comparaison des rémunérations des réseaux est malaisée. Elles iraient de 25 à 33,5% du prix de vente en Espagne, Allemagne et Royaume Uni pour les quotidiens
Le portage est le principal mode de distribution des quotidiens en Allemagne et en Suède (hors journaux populaires) :
- Il existe deux modèles de gestion des abonnements : par les éditeurs (Allemagne et Suède) ou par les points de vente (Royaume Uni)
- Le portage a partout un coût élevé qui n’est rentabilisé qu’à certaines conditions : un fort taux de pénétration, une mutualisation des coûts par le biais d’un portage multi-titres, la prise en charge par l’abonné d’une partie des coûts du portage
Les modes et les coûts d’impression :
- L’impression représente partout environ 30% des coûts avec des coûts de matières premières et des salaires partout élevés
- De nouvelles stratégies remplacent l’impression intégrée
Face à la crise, les éditeurs tentent de «réinventer» le modèle de la presse écrite, dans un contexte marqué partout par de fortes incertitudes :
- Les groupes de presse rencontrés ont tous investi dans Internet mais, même si quelques tendances semblent se dégager, les stratégies ne sont pas encore définitivement arrêtées et la rentabilité d’internet est aujourd’hui souvent moindre que celle des journaux papier
- Les aides publiques ne sont pas perçues comme une solution à la crise que traverse la presse
- Il existe partout une forte incertitude sur l’avenir du modèle de la presse écrite