Le financement privé de la production et de la distribution cinématographiques et audiovisuelles
Rapports de missions | Culture, médias, communication | Publiée le 7 décembre 2018 | Mise à jour le 16 juin 2026
Par lettre de mission en date du 17 mai 2018, la ministre de la culture, le ministre de l’économie et des finances et le ministre de l’action et des comptes publics ont confié à Dominique Boutonnat une mission relative à la mobilisation de financements privés à des fins d’investissement dans les secteurs de la production et de la distribution cinématographiques et de la production audiovisuelle.
Cette mission s’inscrit dans un contexte de réformes d’ampleur allant des discussions sur la chronologie des médias à la réforme de l’audiovisuel public, en passant par les évolutions des différents marchés d’exploitation des œuvres.
Ces secteurs sont par ailleurs, à l’échelle mondiale, confrontés à des mutations profondes des usages des spectateurs et des modes d’accès aux images, dans un contexte de transitions technologiques non sans conséquences sur les positions respectives des acteurs.
Le monde actuel ne ressemble en rien à celui d’il y a cinq ans et l’avenir est plus incertain encore : nous connaissons actuellement une période de transformation inégalée dans ces secteurs.
D’un point de vue méthodologique, le choix a été fait de traiter ensemble, malgré leurs différences, les quatre secteurs d’activité qui produisent et distribuent des œuvres :
- la production cinématographique (194 entreprises de production et 1,3Md€ de financements réunis pour la production de 300 films français agréés par le CNC en 2017) ;
- la production audiovisuelle (notamment 176 entreprises actives de fiction en 2017, dont 10 réalisant 50% des durées, le secteur de la fiction représentant 719M€ de financements réunis pour 871H produites), qui ont l’initiative des œuvres et la conception de leur financement ;
- la distribution cinématographique (165 distributeurs actifs en 2016 et 585 M€ de chiffre d’affaires en 2017), qui est l’intermédiaire entre la production et les différents marchés d’exploitation des films de cinéma (distribution salle, mais aussi vidéo, VàD, TV, ventes internationales).
- la distribution audiovisuelle (80 distributeurs actifs en 2017 tous genres de programmes confondus) qui joue également un rôle d’intermédiaire commercial entre les producteurs audiovisuels et les éditeurs de services télévisions et les plateformes de VOD aussi bien sur le marché français qu’à l’international.
Les travaux ont été conduits entre juin et novembre 2018, sur la base de nombreux entretiens organisés avec des producteurs, des distributeurs, des exploitants, des diffuseurs, des auteurs et réalisateurs, des acteurs financiers ou investisseurs (dans le secteur et hors secteur) et des représentants des pouvoirs publics (plus de 200 personnes rencontrées).
La mission a aussi eu accès aux données et contributions du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et partagé de nombreuses expériences des professionnels.
Elle a également été assistée par les services de l’État et a bénéficié de l’appui d’un groupe de travail dédié à la blockchain.
L’unanimité des interlocuteurs de la mission a été entière sur l’entrée de la production et la distribution françaises dans un nouvel environnement économique appelant de nouveaux modes de financement et une redéfinition de l’intervention des producteurs et distributeurs.
Le présent rapport fait une synthèse des travaux conduits par la mission, sur la base :
- d’un état des lieux global et problématisé sur l’économie de la filière (partie 1) ;
- d’une esquisse des scénarios envisageables à l’avenir (partie 2) ;
- d’une présentation des orientations qui permettraient d’attirer davantage de financement privé vers le secteur (partie 3).
En annexe du rapport figurent aussi :
- un état des lieux des dispositifs favorisant la transparence économique de la filière de l’image (cinéma et audiovisuel) et des propositions d’amélioration ;
- une évaluation du dispositif des SOFICA qui a été, jusqu’à présent, le seul dispositif encadré visant à favoriser l’investissement privé des particuliers dans la production cinématographique et audiovisuelle.