Les plateformes d’accélération vers l’industrie du futur - Organisation, missions et financement des centres techniques industriels (CTI) et des comités de développement économique (CPDE)
Rapports de missions | Économie, entreprises et industrie | Publiée le 10 mai 2019 | Mise à jour le 16 juin 2026
L’industrie manufacturière française a perdu, entre 2000 et 2015, le quart de ses effectifs, soit 820.000 emplois. Dans le même temps (2000-2017), la part de la valeur ajoutée manufacturière française dans celle de la zone euro a baissé de près de 22 %. Aujourd’hui, l’industrie manufacturière représente 11,3 % de la valeur ajoutée marchande en France, mais 13,3 % en Espagne, 15,8 % en Italie, 22,6 % en Allemagne.
Les causes de cette évolution très défavorable sont multiples. Au premier rang, on doit relever le poids très important de la fiscalité de production qui pèse structurellement sur le taux de marge et les capacités d’investissement. Un positionnement fréquemment déporté sur le moyen ou bas de gamme, une image négative de l’industrie qui peut éloigner les talents, des réticences au changement et des compétences limitées en gestion de projet au sein des entreprises, ont également leur part de responsabilité. Les PME sont plus particulièrement affectées par l’ensemble de ces facteurs, alors même qu’elles pèsent d’un poids particulier dans un tissu industriel français où les entreprises peinent à prendre la dimension d’ETI.
Dans ce contexte préoccupant, les pouvoirs publics ont récemment pris une série de mesures, dont certaines visent plus particulièrement les PME industrielles : relance du Conseil National de l’Industrie et signature des contrats de filière, dispositif de suramortissement réservé aux PME, annonce d’un programme de 10.000 accompagnements d’entreprises, accélérateurs Bpifrance, programmes Robot Start PME et 3D Start PME, identification de 136 territoires d’industrie. Les industriels eux-mêmes ont pris une série de mesures, telles que la création de l’AIF et de France Industrie, la revalorisation de l’apprentissage ou le regroupement de salons industriels.
La demande du Premier ministre, adressée à la mission, de propositions visant à faire émerger des plateformes d’accélération de l’industrie du futur, se situe dans la continuité de ces actions de politique industrielle.