L'immobilier universitaire parisien
Rapports de missions | Éducation, recherche et enseignement supérieur | Publiée le 14 novembre 2008 | Mise à jour le 9 juin 2026
Le 30 novembre 2007, le Président de la République annonce un plan d’investissement immobilier exceptionnel en faveur des universités qui se traduit par le lancement de l’Opération Campus, visant à « financer des opérations exemplaires de développement de campus universitaires à très forte valeur ajoutée ».
Alors que Paris concentre huit universités parmi les plus prestigieuses en France, et plus de 300 000 étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur, aucun projet parisien n’est retenu lors de la première vague de sélection en mai 2008. Lors de la deuxième vague, en juillet, deux projets franciliens sont sélectionnés, Saclay et Condorcet, qui n’impliquent qu’une seule université parisienne. Les deux notes d’intention présentant des projets immobiliers au cœur de la capitale – Paris Centre et Paris Campus Quartier latin – sont à nouveau écartées. A l’issue de ces deux vagues, un campus sur les dix annoncés reste à choisir.
Deux raisons principales expliquent l’échec des projets parisiens : d’une part, la volatilité des alliances alors que les projets doivent être portés par plusieurs établissements et ont « vocation à accompagner les projets de rapprochement et les fusions d’universités », d’autre part, la complexité de la situation immobilière, qui rend plus délicates l’élaboration des projets comme l’appréciation de leur faisabilité et de leur pertinence.
C’est pour contribuer à lever cette seconde difficulté que, par lettre de mission en date du 8 juillet 2008, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique et le secrétaire d’État chargé du développement de la Région Capitale ont saisi l’inspection générale des finances (IGF), l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) et le conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD).
Conformément à la commande, et dans le temps limité qui lui était imparti, la mission a concentré ses efforts sur la réalisation d’un état des lieux le plus complet et à jour possible de l’immobilier universitaire parisien, bibliothèques comprises, en élargissant ses investigations aux équipements qui participent de la vie étudiante : logement, restauration et sports. Cet état des lieux, qui fait ressortir le caractère exceptionnel de la situation parisienne, est l’objet de la première partie (I).
La mission s’est ensuite attachée à préciser la nature des obstacles à l’émergence de projets cohérents. Ils sont principalement de trois ordres :
- la difficulté, voire la réticence, à prendre véritablement en compte l’étudiant dans la conception de ces projets ;
- une répartition des rôles et une dispersion de l’information peu responsabilisantes ;
- enfin et surtout, la nécessaire articulation des restructurations immobilières avec les recompositions institutionnelles, pédagogiques et scientifiques en cours (II).
Compte tenu du caractère déterminant mais très évolutif de ces recompositions et dans la mesure où ses travaux ne portent que sur les seuls aspects immobiliers des projets universitaires, la mission a fait le choix de présenter des principes directeurs et des scénarios. Les premiers lui paraissent devoir orienter les décisions restant à prendre. Les seconds sont susceptibles d’alimenter les discussions de l’État avec les établissements d’enseignement supérieur mais également avec d’autres partenaires, au premier rang desquels la Ville de Paris (III).