Emmanuelle Auriol, égalité femmes hommes : une question d’équité, un impératif économique.
Actualité | Publiée le 11 mai 2026 | Mise à jour le 11 septembre 2026
Dans le cadre de ses lunchs éco et égalité, sous l'impulsion du pôle économie, l'IGF reçoit des chercheurs en économie qui interviennent sur des sujets d'actualités. Ces moments d'échanges permettent au membres du Service de se former et d'enrichir leur travail dans le cadre de leurs missions.
Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse School of Economics (TSE) et membre du Conseil d'analyse économique (CAE) nous a fait l'honneur d'intervenir sur le thème : "Égalité femmes hommes : une question d’équité, un impératif économique."
Son intervention a mis en lumière l’ampleur des coûts macroéconomiques de l’inaction, tout en proposant un agenda de réformes concret et décliné en plusieurs propositions :
- en matière d’éducation : créer des brigades de professeurs de mathématiques formés afin d’améliorer l’enseignement de cette matière, et la rendre plus attractive, notamment pour les jeunes filles
- en matière de parentalité : allonger et rendre obligatoire le congé paternité, développer massivement l’accueil de la petite enfance
- en matière de structuration des carrières : obliger les employeurs à indiquer une fourchette de rémunération dans l'annonce d'emploi et renforcer la politique de quotas.
Le travail des femmes est un impératif d'équité... et d'efficacité économique. À l’heure où l’économie française fait face à des tensions croissantes sur le marché du travail et à une croissance en perte de vitesse, l'amélioration de la participation féminine à l'emploi n’est pas seulement une question d’égalité – c’est une exigence de performance collective et de croissance.
Une réduction du gender gap de 25 % permettrait, selon l’Organisation internationale du travail, un gain de 5 800 milliards de dollars pour le PIB mondial.
Malgré des progrès indéniables en matière d’éducation (60 % des diplômés de Master sont aujourd’hui des femmes), les écarts de revenus, de progression de carrière et de répartition des tâches familiales restent massifs:
- 30 % d’écart de revenu entre hommes et femmes en 2020
- 90 % de cet écart lié à la pénalité parentale
- Une sous-représentation persistante dans les filières et métiers les plus rémunérateurs
Pour sortir de l’inefficacité des mesures isolées, un plan ambitieux, structuré et évalué s’impose. Il doit articuler action publique, responsabilisation des employeurs, et transformation des normes sociales.
Réduire les inégalités femmes hommes, c’est investir dans la #croissance, la #compétitivité et la #justicesociale.