Marie-Anne Valfort, discriminations sur le marché du travail fondées sur le sexe et au-delà.

Actualité | Publiée le 23 avril 2026 | Mise à jour le 11 septembre 2026


Lunch égalité, Marie-Anne Valfort, économiste à la direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE

Dans le cadre de ses lunchs éco et égalité, sous l'impulsion du pôle économie, l'IGF reçoit des chercheurs en économie qui interviennent sur des sujets d'actualités. Ces moments d'échanges permettent au membres du Service de se former et d'enrichir leur travail dans le cadre de leurs missions.

Le Service a été ravis de recevoir Marie-Anne Valfort, économiste à la direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE et à l’Ecole d’économie de Paris - Paris School of Economics, sur le thème : Discriminations sur le marché du travail fondées sur le sexe et au-delà.
 
Son intervention s’est structurée en trois temps :

Pourquoi discrimine-t-on sur le marché du travail ?

Deux types de discrimination existent : la discrimination statistique (pour maximiser son profit, un employeur infère certaines caractéristiques à un individu à partir de l’information statistique dont il dispose sur le groupe auquel appartient l’individu) et la discrimination par goût (pas un calcul rationnel, mais une aversion envers certains groupes).

Que dit la recherche sur l’ampleur des discriminations sur le marché du travail ?

Les normes de genre traditionnelles propices aux discriminations persistent : en 2024, 1 français sur 4 considérait que le rôle le plus important d’une femme était de s’occuper de son foyer et de sa famille. 
De même, à performance passée et future comparables, les femmes sont moins promues, donc moins susceptibles d’accéder aux postes de direction. Néanmoins, plusieurs directives européennes et lois françaises ont permis de faire reculer certaines discriminations à l'embauche notamment. 
S’agissant d’autres groupes, parmi lesquels les personnes LGBT, les seniors, les minorités ethno raciales et les personnes en situation de handicap, les discriminations à l’embauche sont fortes mais sous-estimées et elles ne se sont pas atténuées au fil du temps.
 
Quels leviers semblent efficaces pour les combattre ?

Assurer l’application effective des lois anti-discrimination, notamment en renforçant le risque de #sanctions en cas de discrimination à l’embauche
Promouvoir des décisions RH centrées sur les #compétences en aidant les employeurs à mettre en place des méthodes d’évaluation objectives et en aidant les candidats à élaborer leurs CV 
Inciter les employeurs à lutter contre les #discriminations en renforçant le suivi des recrutements et en améliorant le suivi de la gestion des carrières.
 
À ces trois leviers s’ajoute la nécessité de réduire les #biais. L’école constitue un point d’entrée naturel : des échanges favorisant l’empathie permettent de faire reculer l’homophobie et la transphobie au collège et au lycée.