Regard sur l'IGF : Isabelle Braun Lemaire, déléguée interministérielle à l’encadrement supérieur de l’Etat

Actualité | Publiée le 20 mai 2026 | Mise à jour le 14 septembre 2026


Portrait d'Isabelle Braun-Lemaire

L'entretien avec Isabelle Braun-Lemaire est à retrouver en intégralité dans le rapport d'activité 2025.

Pouvez-vous présenter votre parcours et la DIESE ? 

Ingénieure INSEE de formation, j’ai commencé ma carrière au sein de cet institut, avant de rejoindre la DGFiP, notamment sur un grand programme de transformation SI. J’ai ensuite occupé plusieurs fonctions de cadre dirigeante : DRH puis Secrétaire générale des ministères économiques et financiers ; Directrice générale des douanes et droits indirects (DGDDI). Aujourd’hui, je suis Déléguée interministérielle à l’encadrement supérieur de l’État. La DIESE a été mise en place en 2022 dans le cadre de la réforme de la haute fonction publique avec pour mission d’animer et de coordonner la politique RH des cadres supérieurs de l’État. Concrètement, la DIESE participe au recrutement des cadres dirigeants de l’État qu’elle accompagne dans leur parcours et constitue des viviers pour ces postes. Elle veille à la professionnalisation de leurs recrutements et de leur accompagnement dans les ministères en s’appuyant sur les délégués à l’encadrement supérieur. La DIESE a plusieurs priorités. Tout d’abord, rendre lisible, visible et concret l’ensemble de ces actions. Ensuite, favoriser les parcours diversifiés car si beaucoup de choses ont été faites, il reste de nombreux freins à lever. La dernière grande priorité concerne les compétences managériales et la diffusion d’une culture managériale commune, tournée davantage vers l’innovation, la coopération ou encore la prise de risque. Des défis enthousiasmants, aux côtés des femmes et des hommes qui servent l’intérêt général et qui transforment l’action publique.

Quels liens avez-vous eus avec l’IGF au cours de votre carrière ? Quel regard portez-vous sur la contribution de l’IGF au fonctionnement de l’État et aux politiques publiques ?

Je suis une grande adepte de l’IGF ! J’ai eu souvent l’occasion de collaborer avec elle dans mes fonctions précédentes que ce soit dans le cadre de missions de conseil, d’audits ou de contrôle. En cinq ans à la douane, elle est intervenue pour éclairer les modalités de mise en œuvre du transfert de certaines missions fiscales vers la DGFiP, ou pour définir le plan de lutte contre la corruption. Dernier exemple, le contrôle de l’exécution des marchés à mon arrivée sur mon poste. Plus récemment, j’ai assisté à une restitution des travaux de la mission « Filles et mathématiques » portée par l’IGF et l’IGESR. Un très beau sujet à la croisée des politiques d’éducation et des ressources humaines ! L’IGF est précieuse, un organe interne reconnu pour sa forte technicité et sa capacité à accompagner l’évolution des politiques publiques et de la gestion publique.

Quelles sont les compétences et qualités clés d’une inspectrice ou d’un inspecteur des finances ? 

Spontanément, je citerai la rigueur et les capacités de synthèse et d’analyse sur des champs très larges comme qualités observées dans les profils d’inspectrice et inspecteur des finances. Un passage à l’Inspection est extrêmement formateur, forgeant une culture commune et des savoir-faire très identifiés, largement valorisés dans la suite de leur parcours. La capacité de prise de recul, l’aptitude à poser les problèmes et à les résoudre ainsi que l’aisance avec les chiffres sont des marqueurs forts du Service.

Selon vous, qu’a apporté la réforme de la haute fonction publique à l’IGF ? 

Quelles perspectives d’évolution voyez-vous pour les inspectrices et inspecteurs des finances ? La réforme de la haute fonction publique a eu un impact visible sur l’IGF, notamment dans la diversification des profils recrutés. Ce métissage des compétences constitue, selon moi, une richesse pour l’Inspection et pour l’État. Les perspectives d’évolution des inspectrices et inspecteurs des finances sont vastes. Ils ont la chance de disposer d’une vision panoramique de l’État qui les ouvre aux différents univers professionnels et leur donne la capacité de se projeter. C’est d’autant plus facile que les compétences développées à l’IGF sont très recherchées et transversales. À l’issue de leur passage à l’IGF, ils ont toute leur place dans des fonctions stratégiques, de conception de politiques publiques mais aussi dans des responsabilités plus opérationnelles, de conception des services publics et de mise en œuvre concrète des politiques publiques.