Regard sur l'IGF : Jean-Jacques Marette, le "conclave des retraites"
Actualité | Publiée le 21 mai 2026 | Mise à jour le 14 septembre 2026
Dans le cadre d'une mission d'appui au "conclave" des retraites, l'IGF a été sollicité par le Premier ministre pour apporter son expertise. Jean-Jacques Marette, directeur Général honoraire de l'AGIRC et de l'ARRCO, revient sur cette séquence
Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Mon parcours professionnel a été au service de l’administration et des partenaires sociaux. J’ai débuté dans la fonction publique à la direction des assurances, au cœur des enjeux de protection sociale, avant une mobilité à Bruxelles sur les questions assurantielles. J’ai poursuivi ensuite au service des partenaires sociaux, d’abord au sein du groupe AG2R, puis comme directeur général du groupe Bayard et enfin de l’ARRCO, dans un contexte marqué par la rationalisation progressive des régimes et la fusion AGIRC-ARRCO. Désormais retraité, je demeure engagé notamment comme membre du Conseil d’orientation des retraites et en assumant d’autres missions comme celle d’animer les discussions du conclave des retraites en 2025.
Pouvez-vous rappeler brièvement le contexte et l’objet du conclave des retraites ?
Le conclave des retraites s’inscrit dans un contexte de forte sensibilité politique et sociale, les dépenses de retraite représentant environ 400 Md€ par an, soit un quart de la dépense publique. Après la réforme de 2023, jugée difficilement acceptable par une partie des partenaires sociaux, l’exécutif a souhaité rouvrir un espace de dialogue afin de sécuriser la trajectoire financière du système et d’éviter une remise en cause institutionnelle. Le conclave avait pour objet de déterminer si des ajustements de la réforme étaient possibles, sans tabou mais sans remettre en cause l’objectif d’équilibre financier d’ici 2030, et de maintenir un cadre de discussion structuré avec les partenaires sociaux.
Pourquoi et dans quel cadre l’IGF a-t-elle été sollicitée pour vous aider ?
Le Premier ministre a sollicité l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales dans le cadre d’une mission d’appui. Cette sollicitation répondait à la nécessité d’associer les principaux corps de contrôle de l’État à un chantier dont les enjeux économiques et budgétaires dépassent le seul champ de la protection sociale. Compte tenu du poids macroéconomique du système de retraites, l’intervention de l’IGF s’est imposée pour garantir une analyse robuste, transversale et partagée avec l’ensemble des administrations concernées.
Quelle a été la plus-value de la participation de l’IGF à vos travaux ?
La participation de l’IGF a apporté une méthode de travail et un cadre d’analyse exigeants. Elle a permis d’élargir la réflexion au-delà des seuls comptes sociaux, en intégrant l’ensemble des administrations publiques et les effets macroéconomiques des leviers mobilisables sur les retraites. L’IGF a également contribué à instaurer un dialogue constructif avec les partenaires sociaux, grâce à une capacité reconnue à challenger les hypothèses tout en conservant une grande qualité d’écoute. Le pilotage assuré a favorisé la production de travaux nombreux et structurés, en réponse aux demandes formulées, et la mobilisation efficace des administrations et des cabinets ministériels concernés.
Quels avantages voyez-vous au format de l’assistance ?
Le format resserré de l’assistance a constitué un facteur de fluidité et d’efficacité. L’équipe réduite a permis de porter une parole cohérente et lisible tant auprès des partenaires sociaux que des administrations. Ce cadre de travail a facilité l’animation du conclave, la coordination des contributions et la tenue d’un tableau de bord partagé, tout en me donnant les conditions nécessaires à un pilotage serein et opérationnel.
Quelles sont les décisions ou conséquences concrètes prises à la suite du rapport ?
Les suites du conclave peuvent être qualifiées de partielles mais structurantes. Plusieurs mesures ont été reprises dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, notamment en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et de limitation du cumul emploi-retraite. L’expérience acquise a néanmoins servi de base à l’ouverture d’une nouvelle conférence sur l’emploi et les retraites, illustrant la poursuite des travaux menés et de la réflexion engagée.