Retour le rapport : Effets d'une application prolongée de la loi spéciale en 2027
Actualité | Publiée le 9 septembre 2026 | Mise à jour le 16 septembre 2026
En l'absence de budget voté au 31 décembre, la loi spéciale autorise l'État à percevoir les impôts et à emprunter. La loi spéciale n'a été mobilisée que trois fois sous la Ve République (en 1979, en 2025 et en 2026) et jamais plus de six semaines. Le Premier ministre a saisi l'Inspection générale des finances d'un scénario d'application excédant la moitié de l'exercice 2027.
Du fait du calendrier électoral de 2027, un scénario de services votés sur neuf à douze mois ne peut être exclu : une situation inédite, sans équivalent comparable à l'international.
Ce régime, conçu comme transitoire, prive le Gouvernement comme le Parlement de leurs marges de manœuvre budgétaires et fiscales.
Le redressement des finances publiques serait impossible sous loi spéciale et, selon les estimations de la Direction générale du Trésor, le solde public pourrait se dégrader d'au moins 0,5 point de PIB par rapport à 2026 - une borne baisse, qui n'intègre ni le choc d'incertitude, ni la hausse probable du coût de financement de l’Etat.
Au-delà des finances publiques, les effets seraient concrets et durables :
- retards sur les programmes d'armement, au détriment de la base industrielle et technologique de défense,
- chantiers publics décalés et aides à la rénovation énergétique suspendues (MaPrimeRénov', Fonds vert),
- nouveaux appels à projets de recherche gelés,
- dispositifs agricoles discrétionnaires interrompus,
- besoin de financement de l'Acoss porté au-delà de 90 Md€,
- dotations d'investissement aux collectivités non versées.
L'avis du Conseil d'État du 9 juillet 2026, annexé au rapport, clarifie la doctrine applicable : seules les dépenses liées à des engagements antérieurs ou strictement nécessaires à la continuité des services publics peuvent être engagées, avec une répartition plus souple des crédits entre programmes par rapport aux deux dernières années, dans la limite du plafond global de la loi de finances précédente.
S'il n'appartient pas à la mission de se prononcer sur les modalités d'adoption du budget, sa conclusion est claire : doter le pays d'un véritable budget pour 2027 serait hautement préférable.
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Effets d'une application prolongée de la loi spéciale en 2027
Prévue par l'article 47 de la Constitution et l'article 45 de la LOLF, la loi spéciale autorise l'État à continuer de percevoir les impôts et à...
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